Main dans la main

Au théâtre du Marais, Paris

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L’histoire

Paul, la trentaine, écume les soirées gays parisiennes et cumule les amants d’un soir. Manu, lui, corse fraichement débarqué dans la capitale, n’assume pas son homosexualité. Un soir, une application de rencontre les rassemble. La magie galère… Mais la magie opère. Une comédie romantique débute pour ces deux êtres si différents qui défient les codes du couple. Mais, les deux hommes se feront sauvagement agresser pour s’être pris par la main dans la rue. Sur leur lit d’hôpital, Paul fait un point sur leur parcours. A travers sept souvenirs de leur vie ensemble, ils nous font revivre les moments forts de leur histoire d’amour cruelle et tendre. Une comédie crue et impertinente sur un couple d’amoureux.

Notre avis

Paul, joué par Fabien Ara, enchaîne les histoires sans lendemain, les coups d’un soir, branché en continu sur des applis de rencontres et adorant danser jusqu’au bout de la nuit. Il fuit et refuse le grand Amour et ne veut surtout pas tomber dans la routine et les clichés d’un quotidien banal sans surprise. Manu, de son côté, est corse et n’assume pas son homosexualité. Il a peur d’être renié par sa famille conservatrice, (surtout son frère), restée en Corse. Pourtant, il rêve d’une belle et grande histoire d’amour, et le quotidien, pourvu qu’il soit partagé avec l’homme qu’il aime, ne lui fait pas peur. Manu gagne bien sa vie alors que Paul vient de quitter son job de vendeur. On pense alors que rien n’est fait pour qu’ils se rencontrent. Et pourtant… Les échanges physiques et les joutes verbales fusent avec brio. Les deux acteurs incarnent merveilleusement leur rôle, Nathanaël Maïni est juste et parfait dans le rôle de Manu, il rayonne et nous enchante.

Cette pièce intelligente, nécessaire et sensible, nous fait vibrer entre rires et larmes, elle dénonce la difficulté de vivre en couple et elle fait ressortir l’ignominie des êtres qui n’acceptent pas les différences.

NOTE D’INTENTION

Ma première intention, en tant qu’auteur, était d’écrire une comédie romantique entre deux hommes, un peu comme celles de Julia Roberts avec Richard Gere ou Hugh Grant, sauf que Julia serait virée du projet pour que Hugh et Richard puissent s’aimer en toute liberté. Égoïstement, j’avais besoin de voir l’amour homosexuel banalisé. Pourtant, en plongeant dans le récit et en laissant les personnages prendre vie, cet amour banal a pris des airs d’aventure sociale et l’actualité m’a rattrapé.

Se prendre par la main, un geste tellement anodin pour des amoureux, devient pourtant si dangereux lorsque les amoureux.ses sont du même sexe. Au-delà de sa signification psychologique et affective, il revêt alors une dimension militante et politique autour de laquelle je voulais tisser cette histoire d’amour pas si différente.

Lorsque la lumière s’allume, Manu, est allongé, inconscient… dans la froideur d’une lumière pâle, Paul se rappelle leur première rencontre avec entrain, tandis qu’un bip rythme le silence. Nous sommes à l’hôpital. Les deux hommes se sont fait agresser pour s’être pris la main en pleine rue.

Toute la pièce est bâtie sur cette alternance entre les monologues de Paul à l’hôpital – le froid, la lumière blanche, le grésillement des machines – et les 7 souvenirs de leur histoire d’amour, chauds, brillants, enjoués, portant les couleurs de l’arc-en-ciel.

Ils se remémorent les étapes importantes de leur vie ensemble. Je saisis ainsi l’occasion de régler mes comptes avec le schéma type du couple hétéronormé. Qu’il s’agisse de Paul, qui rejette ces codes imposés par la société, ou Manu, qui les suit comme un chemin balisé pour se rassurer, les deux hommes tentent de redéfinir ensemble l’idée d’un bonheur à deux.

Ainsi, Main dans la main est une pièce universelle sur le couple. Elle traite de la difficulté de vivre à deux, de la nécessité de l’amour, du besoin de liberté. Et pourtant, elle n’est toujours pas une comédie romantique si banale.

« Je suis né à Bastia. Je grandis sans internet. Je garde de mon enfance la dureté de la vie chez des parents ouvriers, bagarreurs et fragiles ; les rires avec les amis et l’apparente légèreté de l’école ; la nature qui entoure mon village, sublime et dangereuse, dans laquelle je crée un monde imaginaire où je cache un secret honteux qui fera de moi un adolescent teigneux…

Après quelques années d’errance en prépa scientifique, j’atterris dans un cours d’art dramatique à Paris. Je rencontre Hamlet, Lady Macbeth, Treplev… Je fais mes premières armes dans la psychologie et l’émotionnel de ces personnages qui me marquent à jamais. Je les déconstruis et me les approprie. Je me reconstruis moi-même en les réinventant. A l’écran et à la scène, dans un mélange d’âpreté et d’humour, j’écris la vie de celles et ceux qui sont rongés par des douleurs sourdes, des tendresses refoulées et des vérités à crier ! »

Alexandre Oppecini

 

Dans le rôle de Manu

Nathanaël Maïni est un comédien corse de 43 ans.

Il part se former au Conservatoire d’Art Dramatique d’Avignon à l’âge de 15 ans, avant de rejoindre Paris où, à l’âge de 19 ans seulement, il est assistant à la mise en scène de L.D de Lencquesaing au Studio Théâtre de la Comédie Française.

Depuis, il vit au rythme de ses projets artistiques, au théâtre il est dirigé entre autres par J.C. Penchenat, J. Lescouarnec, J.P. Lanfranchi, S. Lipszyc… Il aborde autant les œuvres classiques que des pièces contemporaines, au sein de compagnies corses, bretonnes ou parisiennes, il trouve aussi son équilibre dans des expériences de créations collectives comme avec la compagnie Animal 2nd.

À la télévision, on le retrouve dans une douzaine de séries ou téléfilms, aux États Unis Ugly Betty, et en France devant la caméra de T. Binisti Disparus, O. Guignard Duel au soleil, S. Kappes Le crime lui va si bien ou encore la série Cannabis pour Arte réalisée par L. Borleteau…

Au cinéma, il tourne notamment sous la direction de J. Audiard Un prophète, G. Morel Prendre le large, L. Borleteau Fidelio, P. Schoeller Les anonymes, Un peuple et son roi… Pour le film Je suis un soldat de L. Lariviere, sélectionné au Festival de Cannes dans la catégorie « Un certain regard », son interprétation lui a valu d’être nominé dans la catégorie meilleur second rôle au Festival Jean Carmet.

Représenté par Christopher Robba chez AS Talent, il est actuellement à l’affiche du Jeu de l’amour et du hasard m.e.s. par Philippe Calvario et dans la comédie romantique Main dans la main écrite et mise en scène par Alexandre Oppecini.

 

Dans le rôle de Paul

Fabien Ara. Fabien est acteur et réalisateur.

Formé aux Cours Florent, il joue dans de nombreuses pièces classiques (Racine, Molière…), contemporaines (Melquiot, …), mais aussi dans des spectacles musicaux et des créations d’auteurs. En 2012, il reçoit le premier prix d’interprétation du Festival de Bougival pour le rôle d’Alan Strang dans Equus de Peter Shaffer.

Il a joué dans plusieurs courts métrage dont Le jardin des Eden en sélection officielle au festival de Clermont-Ferrand en 2012, Zonzon – 24h de la vie d’une femme et Q (long métrage dramatique) de Laurent Bouhnik. Ce rôle lui a ouvert des tournages à l’étranger, dont French Touch de Xiaoxing Cheng pour lequel il a reçu les prix d’interprétation au festival « Paris Courts Devant » en 2016 ainsi qu’au « Chelsea Film festival » à New York. Fabien a ensuite eu un des rôles principaux, tels que dans Liebmann (drame psychologique franco-allemand) de Julie Hermann qui a été sélectionné à la Berlinale 2017 et pour lequel il a été prénommé comme meilleur acteur aux « European Film Awards ». Il a ensuite remporté le concours de scénario « Nouveaux Cinéma » avec CLAC, son premier court métrage qui a remporté une soixantaine de prix à travers le monde puis il a réussi le concours « HLM sur Court » en 2019, et a pu réaliser Féeroce pour lequel il a reçu une quarantaine de prix.

Grâce à ce film, il a fait partie des Talents de la « Fête du court métrage ».

Il a dernièrement joué dans Le dernier mercenaire avec JCVD pour Netflix et dans le court métrage Transition; ce dernier film lui a valu plusieurs prix d’interprétation.

Il a reçu le label Interprétation 2022 de la « Maison du Film » pour sa performance.

Il tourne cette année son prochain film SOF en tant que réalisateur, produit par « Dunk Films » et vient de signer ses deux premiers longs métrages avec « Les films du castel », là aussi en tant que réalisateur.

 

Lucie JOLIOT

Scénographie et Lumière

Lucie étudie à l’École nationale supérieure des arts appliqués Duperré à Paris puis suit une formation d’art dramatique dirigée par Anne Bourgeois. Aujourd’hui, à 40 ans, elle est à la fois scénographe et éclairagiste. Dernièrement, elle a créé : la scénographie et les lumières de Quand j’avais 5 ans je m’ai tué de Howard Buten qu’elle a mis en scène avec Damien Bricoteaux au théâtre de Florac, repris au théâtre des Béliers à Avignon 2018. La scénographie de S’il se passe quelque chose de Vincent Dedienne mis en scène par Juliette Chaigneaux et François Rollin que l’on a pu voir au Trianon à Paris. La scénographie et les lumières du deuxième spectacle de Claudia Tagbo “Lucky“ mis en scène par Marie Guibourt au théâtre de la Gaité. Cette saison elle a signé les lumières de Georgia, de Timothée de Fombelle (coup de cœur de l’académie Charles Cros 2016), spectacle musical imaginé et dirigé par l’ensemble contraste (Arnaud Thorette, direction artistique, Johan Farjot, direction musicale) à la Cigale.

La scénographie et les lumières de Ba Ta Clan de Offenbach pour la compagnie les

Brigands direction artistique Loïc Boissier à l’Opéra de Reims.

Elle a également collaboré en scénographie et en lumière à T-REX (Chronique d’une vie de bureau ordinaire) de et avec Alexandre Oppecini, mis en scène par Marie Guibourt au Théâtre de la Contrescarpe.

Actuellement, elle prépare la scénographie et les lumières des prochains spectacles de Nelson-Rafaell Madel, adapté de Au plus noir de la nuit de André Brink à la rentrée au théâtre de la Tempête.

En janvier 2019, au théâtre 13 Seine, elle démarre aussi une collaboration avec le

Amazing Keystone Big Band, dirigé par le trompettiste David Enhco autour des musiques de West Side Story à Odyssud, Blagnac.

Olivier BERTHOLET

Musique

Olivier Bertholet, batteur et trompettiste de formation, a joué avec de nombreux

musiciens, dans des styles aussi variés que le punk, la musique improvisée, le jazz ou la chanson à texte. En 2012, après une quinzaine d’années de musique en collectif, l’envie de développer son univers musical à travers ses compositions, conjuguée à la découverte du potentiel des logiciels de Musique Assistée par Ordinateur (MAO), donnera naissance à Sulfur Iodatum : « Un laboratoire sonore, un espace d’expérimentation dans lequel s’entremêlent sonorités 90’s et ingrédients contemporains. » En Mars 2013 il sort l’EP Crash Test et donne une série de concerts en Corse. Il fait notamment la première partie de Pony Hoax à L’Aghja à Ajaccio et de MC2 à Bastia et intègre le rézo. Grâce à cette collaboration, il se produit dans toute la France : aux Printemps de Bourges, au FallenFest ou encore en live au Batofar et à La Boule Noire à Paris. Il fera aussi l’ouverture en Pré-Event du Venezia More festival à Venise. En 2017, en parallèle de ses prochaines créations personnelles, il collabore avec Alexandre Oppecini en créant la musique de son court métrage Sur Tes Traces.

Claire RISTERUCCI

Costumes

Claire opte très tôt pour la couture, d’abord dans un atelier de coupe industrielle, puis

crée à Montélimar un atelier de styliste. Elle y rencontre le metteur en scène Yves Faure qui lui propose en 1985 de créer les costumes pour La Double Inconstance de Marivaux. Cela déterminera son parcours au théâtre, marqué souvent par des collaborations au long cours. Au théâtre, elle travaille avec Emilie Valantin, Alain Ollivier (6 spectacles depuis Valse n°6 de N. Rodrigues en 1995 jusqu’à Le Marin de F. Pessoa en 2006), Jean-Michel Martial, Claudia Stavisky, Claude Yersin, Hamou Graïa (La Force d’aimer) ou encore Jacques Vincey, pour qui elle crée les costumes de Madame de Sade, de Yukio Mishima, ce qui lui vaudra de remporter le Molière 2009 du créateur de costumes. Dernièrement, elle collabore, au théâtre comme à l’Opéra, avec des grands noms comme Marc Paquien (Constellations, de N. Payne au Petit Saint-Martin à Paris), Laurent Fréchuret (En Attendant Godot de Becket), ou encore Richard Brunel (Albert Henning de B Briten). Claire travaille également pour la télévision et le cinéma. On pourra voir son travail prochainement dans le long métrage de Guy Marignane, Les Mélancolies de Sade.

La pièce Main dans la Main est soutenue par la Région Corse en coproduction avec la ville de Bastia, d’Ajaccio, de Corte et de Cargese, en partenariat avec l’association Le Refuge, le festival du film de Lama, le festival ArteMare et le Clos Signadore.

Main dans la main

Du 24 avril au 27 juin 2023

Les lundis et mardis à 19h30

Théâtre du Marais

37 rue Volta – 75003 Paris

Réservations : 01 71 73 97 83.

Tarifs : entre 18 et 20 euros

www.theatredumarais.fr

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