L'École du Louvre rayonne

François Morellet et César mis à l'honneur

Précédent
Suivant

Dans le prolongement du projet « École du Louvre 2021-2022 » qui a reconfiguré ses espaces et inauguré la présence de l’art contemporain au sein de l’établissement, l’École du Louvre accueille cette année, grâce à une nouvelle donation de Majid Boustany, deux œuvres exceptionnelles dans son grand hall Jaujard : une installation de François Morellet, π baroco n°2 bleu, 1=45° (angles du même côté), 7 éléments, (2001) composition de néons bleus et une sculpture de César, La Marseillaise (1997). Ces deux œuvres iconiques dialoguent désormais avec le lieu et son histoire et accompagnent les élèves, les auditeurs, les enseignants et les chercheurs dans leurs parcours au sein de l’École du Louvre.

L’œuvre π baroco n°2 bleu, 1=45° (angles du même côté), 7 éléments, (2001), exposée dans le grand hall de l’École du Louvre, associe le néon à la fascination de l’artiste pour les systèmes aléatoires se déployant selon une logique all-over, théoriquement infinie. Le principe de la série repose sur l’idée que chaque chiffre composant le nombre π correspond à un angle préalablement défini, dans ce cas 1 = 45°. L’œuvre est créée en suivant l’ordre des décimales de π (3 = 135°, 1 = 45°, 4 = 180°, 1 = 45°, etc.). Des demi-cercles de néon bleu se superposent au dessin géométrique généré par ce système, conférant un aspect que Morellet qualifiait de « baroque » à la composition. Le système des lignes brisées – un « accordéon accidenté » pour reprendre les mots de l’artiste – superposé aux demi-cercles de néon bleu composant π baroco n°2 bleu lui permet ainsi de parodier un mouvement clé de l’histoire de l’art tout en produisant une œuvre au cheminement imprévisible qui se génère elle-même. François Morellet est présent au Palais du Louvre depuis 2010 grâce à la commande de vitraux dans l’escalier monumental Lefuel de l’aile Richelieu, et dans le Jardin des Tuileries avec ses Arcs de cercles complémentaires (1999).

François Morellet (1926-2016), artiste autodidacte et prolifique, peintre, sculpteur et créateur d’installations, a développé une approche radicale de l’abstraction géométrique au cours d’une carrière de plus de six décennies. Ses œuvres questionnent la perception visuelle du spectateur et défient le champ physique du tableau. Il a œuvré au démantèlement des hiérarchies traditionnelles en incorporant dans son travail l’acier, les tubes néon, le fer, le ruban adhésif, des grillages métalliques et le bois, laissant la part belle au hasard. À ce titre, le nombre π (Pi) et l’annuaire téléphonique comptent parmi ses plus grandes sources d’inspiration, lui servant de prétexte pour développer des œuvres basées sur des séries de chiffres aléatoires et provoquant toutes sortes de possibilités dans leur continuité infinie. Au début des années 1960, Morellet est l’un des premiers artistes à explorer les possibilités de la lumière artificielle et du tube néon, un médium de prédilection qu’il continuera à expérimenter tout au long de sa carrière. Si les premiers néons développés dans le cadre des activités du Groupe de Recherche d’Art Visuel (GRAV) explorent des combinaisons de séquences lumineuses se déroulant dans le temps, Morellet abandonne progressivement les supports traditionnels pour fixer directement aux murs des tubes néons statiques, choisissant de les faire jouer avec l’espace et l’architecture environnante plutôt qu’avec le temps.

César (1921-1998) est un sculpteur français formé à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris. S’il remet en question les canons de la sculpture traditionnelle avec ses Compressions (1959), ses Empreintes humaines (1965) et ses Expansions (1967), il dialogue aussi avec l’histoire de l’art et n’abandonne jamais sa pratique plus classique de la sculpture en fer ou en bronze soudé. Dans les années 1970 et 1980, il entreprend une série de natures mortes, Hommage à Morandi, et réalise de nombreuses œuvres monumentales dont Le Centaure, Hommage à Picasso (1983-1985), une commande publique nationale destinée à être installée à Paris. Pour son exposition « Portraits-Autoportraits », présentée à la Galerie Claude Bernard à Paris en 1998, il propose une polyphonie de têtes en bronze soudé. Ces têtes-collages ou têtes-assemblages sont les variantes d’un dénominateur commun qui est la matrice du visage de l’artiste. César avait déjà engagé ce tête-à-tête avec lui-même dès 1972, s’exposant avec humour au gré de ses états d’âme. Une grande et splendide rétrospective de l’artiste s’est tenue au centre Pompidou de Paris en 2018. Se référant à Picasso et à Francis Bacon qu’il aime et qu’il admire, il mélange leurs visages au sien, les déforme, les découpe, les oblitère et les monte sur des charnières dans un jeu de cache-cache avec lui-même. Et comme un ultime clin d’œil à Marseille, sa ville natale, il a créé La Marseillaise, hommage au sculpteur François Rude, à la sculpture académique et romantique ainsi qu’à la France. Pour le bronze de La Marseillaise, César s’est inspiré de l’œuvre de François Rude pour en faire sa propre version en 1997. La colossale figure de sa célèbre « Marseillaise » appartient au haut-relief du Départ des Volontaires de 1792 ornant la face nord-est de l’Arc de triomphe de l’Étoile.

La sculpture de César installée à l’École du Louvre affirme la présence de l’artiste au sein du Palais du Louvre puisqu’une de ses compressions est exposée depuis 1993 au sein du Café Richelieu, situé dans l’aile Richelieu du musée du Louvre.

Majid Boustany, un mécénat d’exception

C’est en 2016 que Majid Boustany, président de la Francis Bacon MB Foundation, noue un premier partenariat avec l’École du Louvre, via la création d’une bourse de recherche sur le peintre Francis Bacon. Poursuivant sa démarche philanthropique, Majid Boustany a souhaité amplifier son engagement en finançant un ambitieux programme architectural « École du Louvre 2021-2022 »À ce mécénat exceptionnel s’ajouta le don de deux sculptures d’Antony Gormley, d’un chevalet et d’une photographie de Francis Bacon, complété aujourd’hui par la donation d’une sculpture de César et d’une installation de François Morellet.

Le projet « École du Louvre 2021-2022 »

Ce projet architectural porté par Claire Barbillon, directrice de l’École du Louvre et rendu possible grâce au mécénat de Majid Boustany, fut inauguré en mars 2022. Il a reconfiguré l’établissement via la réhabilitation et la création de nouveaux espaces au sein même du Palais du Louvre : la rénovation de la bibliothèque de l’École du Louvre, aujourd’hui complexe d’étude et de recherche contemporain au cœur de l’École et de sa pédagogie, la création d’un Centre de recherche pour les doctorants de l’École, atout stratégique essentiel pour son rayonnement national et international et le réaménagement de la cafétéria et des services documentaire et informatique. Ce projet architectural a été conçu par l’architecte Heleen Hart de l’agence d’architecture HBAAT et a été mis en œuvre par l’OPPIC.

Grâce au mécénat de Majid Boustany, deux grands « corps » attentifs d’Antony Gormley, faits d’acier corten accueillent les étudiants dans la grande et lumineuse bibliothèque de l’École du Louvre. WITNESS VII (2021), posé au sol sur l’axe central de l’étroit couloir d’entrée de la bibliothèque et WITNESS VIII (2021), inversé, « debout », positionné à l’envers sur le plafond voûté, à 30 mètres de WITNESS VII.

Un grand chevalet ayant appartenu à Francis Bacon, provenant de son atelier parisien, est aujourd’hui positionné dans le vestibule de la bibliothèque. Une photographie originale de Jesse A. Fernández Francis Bacon dans son atelier de 7 Reece Mews, Londres (1977) est exposée à l’entrée du nouveau centre de recherche.

L’École du Louvre, l’École des Musées

Établissement d’enseignement supérieur du ministère de la Culture, fondé en 1882, l’École du Louvre est l’école du regard, de l’œuvre et de l’objet. Elle accueille chaque année plus de 1.600 élèves de tous horizons et de toutes nationalités, sélectionnés sur concours, répartis sur trois cycles universitaires (Licence-Master-Doctorat), avec deux classes préparatoires aux concours de conservateurs et de restaurateurs) et destinés à devenir les futurs acteurs des musées, du patrimoine et des mondes de l’art. L’École du Louvre dispense un enseignement d’archéologie, d’histoire de l’art, d’épigraphie, d’anthropologie, d’histoire des sociétés et de muséologie, avec une spécificité pédagogique unique qui s’appuie sur l’étude directe des témoignages matériels des différentes cultures : œuvres, objets, collections, sites, monuments… Située au cœur du Palais du Louvre, elle offre également des enseignements singuliers de travaux dirigés, prolongements in situ de ses cours magistraux, dans les salles du Louvre, mais également dans les musées et galeries de Paris, d’Ile de France, voire du monde entier grâce aux nouvelles technologies numériques.

L’École du Louvre rénovée est magnifique mais elle n’est pas ouverte au grand public, vous pouvez y accéder en qualité d’élève, d’auditeur ou de chercheur.

L’École du Louvre rayonne

Le mécène Majid Boustany offre deux oeuvres exceptionnelles

École du Louvre

Cour Carrée

Place du Carrousel, Porte Jaujard

75001 Paris

Tel. +33 1 55 35 18 00

 

www.ecoledulouvre.fr

 

 

D’autres actualités à découvrir :

La Semaine du Son de l’UNESCO

La question du sonore, au-delà de la santé auditive et de l’environnement sonore, est un enjeu éminemment collectif et sociétal. Comment se comprendre si nous nous écoutons de moins en moins les uns les autres ?

Lire la suite »

Ossip Zadkine, Une vie d’ateliers

Le musée Zadkine existe depuis quarante ans (ouvert en 1982) grâce au leg généreux de Valentine Prax (1897-1981), son épouse et peintre, moins connue du grand public que le sculpteur malgré son immense talent et le succès qu’elle remporta dans les années folles. À l’occasion de cet anniversaire, le musée Zadkine présente l’exposition « Ossip Zadkine. Une vie d’ateliers »

Lire la suite »

L’Encre en mouvement

Après l’exposition « Peindre hors du monde » qui invitait à se plonger dans le passé impérial de la Chine sur les traces des peintres lettrés, le musée Cernuschi convie ses visiteurs à poursuivre ce voyage dans le temps en abordant la peinture chinoise du XXe siècle.

Lire la suite »

Copyright© 2000 – 2022 BlackMap : le portail de toutes les cultures

Suivez-nous sur...